La pudeur

 

La pudeur

 

Le musulman est de nature pudique et décente. La pudeur est sa qualité propre qui fait partie de sa croyance, base de sa vie.

Le Prophète (qssl) dit :

  •  La foi comprend plus de 70 rameaux - ou plus de 60 - le meilleur de ces rameaux, c'est d'attester qu'il n'y a de Dieu qu'Allah et le dernier est de débarrasser la voie publique de ce qui l'encombre. La pudeur est l'un des rameaux de la foi.(B et M)
  •  La pudeur et la foi sont inséparables: si l'une fait défaut, l'autre aussi. (Ha'Kim).

 

La raison pour laquelle la pudeur fait partie de la croyance, c'est que toutes deux incitent à faire le bien et déconseillent le mal.

La foi engage le croyant à la dévotion et à fuir les péchés. La pudeur aussi, empêche l'homme d'être ingrat vis-à-vis de son bienfaiteur ou de méconnaître le droit des autres. L'homme pudique s'interdit de dire ou de faire ce qui blesse, de peur de s'attirer des critiques et des reproches. C'est pourquoi la pudeur est bonne en elle-même et est une source de bien.

Le Prophète (qssl) dit :

  •  La pudeur n'engendre que du bien.

Dans une version à Mouslim, il dit :

  •  La pudeur est toute bonté!

A l'opposé est l'obscénité, actes ou propos outrageants et acerbes. Le musulman n'est ni dévergondé, ni brutal, témoin la parole du Prophète (qssl) qui dit :

  •  La pudeur fait partie de la foi, celle-ci est au Paradis.
  •  L'impudence est de l'acrimonie, celle-ci est en enfer (Ahmed)

Le musulman en se comportant avec pudeur, se prévaut de l'exemple du Prophète, le meilleur des hommes de tous les temps. En effet, il avait plus de pudeur que la vierge dans son harem.

L'imam Boukhari rapporte ce hadith d'après Abou Said qui dit :

  •  Lorsque le Prophète (qssl) voyait une chose qui lui déplaisait, on lisait cette désapprobation sur son visage.

En incitant à entretenir ce caractère et à le développer dans la société, le musulman ne fait qu'exhorter à faire le bien et à montrer son chemin, car la pudeur est une partie de la foi qui est, elle-même, un recueil de vertus et source de toute bonté.

Dans le recueil des hadiths, dûment reconnus, nous lisons celui-ci.

Un jour, le Prophète (qssl) vit, en passant un homme en train de sermonner son frère pour sa pudeur.

  •  Cesse tes reproches, lui dit-il, la pudeur est de la foi!

L'intervention du Prophète dans ce cas est une invitation à laisser croître ce caractère dans l'âme du musulman et à ne pas le contrarier, dût-il se priver de quelques droits, car perdre ces droits est plus avantageux pour le musulman que de perdre sa pudeur qui représente une partie de sa foi, sa marque d'humanité et sa source de bien.

Que Dieu fasse miséricorde à une femme, qui, ayant perdu son enfant, alla le chercher après d'un groupe de gens, le visage voilé.

  •  «Regardez cette femme, dit l'un d'eux, elle s'enquiert de son enfant le visage voilé!»

L'ayant entendu, elle lui répondit : « Homme ! Il vaut mieux perdre mon enfant que de perdre ma pudeur ! »

Mais la pudeur n'empêche pas le musulman de dire ce qui est vrai, de s'instruire, d'exhorter à faire le bien et de réprouver le mal.

Ouçama Ben Zaid, chéri du Prophète (qssl), comme son père l'était avant lui, intercéda auprès du Messager de Dieu en faveur d'une voleuse. La pudeur n'empêcha pas le Prophète (qssl) de lui répondre d'un ton sévère :

  •  Comment, intercèdes-tu pour casser un arrêt divin?
  •  Je jure par Dieu, que si Fatima, ma fille, avait volé, le lui aurais coupé la main!

La pudeur n'a pas empêché, non plus Om-Soléim, l'Ançarite, de venir dire au Prophète (qssl).

  •  Messager de Dieu! Allah ne rougit pas de dire la vérité: la femme doit-elle se laver quand elle se voit en songe en rapport intime avec son mari?

La pudeur n'a pas non plus empêché le Prophète (qssl) de lui répondre :

  •  Oui! si elle constate l'écoulement de son eau.

Un jour, Omar Ben Khattab décria dans son prône l'enchérissement des dots. Une femme lui répliqua :

  • Omar! Dieu nous l'accorde et toi, tu nous en prives! Ne l'annonce-t-il pas dans Son Livre:
  •  Si vous avez donné à l'une de vos femmes une somme pesant un talent d'or...! (4-les Femmes -21)

Ainsi, la pudeur n'a pas retenu une femme de défendre le droit de ses semblables, ni Omar de s'excuser et de répondre :

  •  Tout le monde est mieux instruit que toi, Omar!

Une autre fois, ce même Omar, du haut de sa chaire, exhortant les assistants, dit :

  •  Gens! Ecoutez ce qu'on vous dit et obéissez!

Et voilà que parmi les assistants un homme se lève pour lui crier :

  • Nous n'écoutons, ni nous n'obéissons! tu portes sur toi deux habits, alors que nous n'en avons qu'un.(Un butin acquis du côté de l'Irak comprenait entre autre des pièces d'étoffe. Omar le distribua entre les habitants de Médine. Chacun en eut une petite quantité, insuffisant pour confectionner un habit. La pièce qui échut à Omar, ne suffisait pas pour lui faire un costume. Il demanda la part de son fils Abdallah pour compléter son vêtement. L'homme, ignorant ce qui s'était passé, accusa l'émir d'injustice et se révolta contre lui)

Sur ce, Omar appela à haute voix : Où est mon fis Abdallah ?

  •  Me voici, père répondit le jeune homme.
  •  Je te demande, au nom de Dieu, lui dit-il, n'est-ce pas que l'un des ces habits est à toi et que tu me l'as donné?
  •  Je le jure, père, répondit Abdallah.
  •  Alors, dit l'homme, nous sommes tout oreille et tout oreille et toute obéissance.

Vous voyez comment la pudeur n'a pas empêché l'homme de dire ce qu'il pensait, ni Omar de s'expliquer.

Le musulman rougit de dévoiler les fautes des autres et ne néglige aucun devoir envers eux. Il ne méconnaît pas les bienfaits reçus d'eux et ne les affronte d'aucun mal. De même, il rougit de son Dieu de faiblir dans son adoration, ou de négliger de le remercier pour ses bontés. Lui qui le tient sous sa puissance et qui est au courant de ce qu'il fait.

Il a présent à l'esprit la parole de Ben Messaoud qui dit : «  Respectez Dieu comme il convient de le faire. Gardez vous de lui manquer de déférence par l'un des organes que comporte la tête, par la vente et ce qu'il contient. Ayez toujours présent à l'esprit, la mort et la décomposition de votre corps »

Abou Horéra rapporte aussi ce hadith :

  •  Dieu est le plus digne d'être respecté (Voici ce hadith: Messager de Dieu, dit Abou Horéra, parle-nous de notre nudité. Quelle règle devons-nous observer à son sujet?

- Garde-toi de découvrir ta nudité devant quelqu'un dit le Prophète, à l'exception de ton épouse.

- Mais si les gens sont mêlés, que devons-nous faire ? dit Abou Horéra.

- Si tu peux, que personne ne la voie !

- Et si l'un de nous se trouve seul, dit Abou Horéra.

- Dieu est plus digne que quiconque de respect dit le Prophète (qssl).

 

 

Les savants ont dit : « La pudeur est par définition une qualité qui incite à fuir les choses vilaines et qui empêche de lésiner dans l'octroi de leur dû aux ayants-droit. Selon al Jouneyd, que Dieu lui donne Sa miséricorde, la pudeur est le fait de reconnaître les bienfaits des autres à son égard et l'insuffisance des sa propre reconnaissance pour eux. Entre ces deux états d'âme naît  un troisième qui s'appelle « pudeur ».

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