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Comment un enfant peut-il oublier ?

Dans la série ( Petites histoires aux grandes conséquences ) j’aimerais vous conter un événement qui a eu lieu en 1961. 

 

Par une matinée d’été, vers les coups de 11 heures du matin, un gamin de plus ou moins cinq ans jouait sous l’ombre d’un mûrier à construire une guitare avec un bidon d’huile pour auto ( Mobil) qui servait de caisse, une planche plate de bois servant de bras et des fils de frein de vélo en guise de  cordes. Soudain un bruit assourdissant  de moteur de camion attira son attention, il  stoppa net son ouvrage de bricoleur en herbe à la vue de ces engins de l’armée française qui déboulaient dans la rue. Une fois arrivés à sa hauteur, ils déversèrent plusieurs hordes de militaires qui prirent aussitôt position en contrebas de la rue, mitrailleuses et autres armes dirigées vers sa maison.  Une dizaine de militaires pénétrèrent alors dans la propriété composée de plusieurs  maisons appartenant à différentes familles (douar). Leur cible était la première maison  située à l’entrée à droite. Au même moment, le gamin voyant son oncle arrivé tenant un pain sous le bras, vêtu d’un pull marin et pantalon bleu Shanghai, béret sur le côté, il courra vers lui comme pour se réfugier ou possible lui dire de se mettre à l’abri. En arrivant à l’entrée de la demeure, ils assistèrent à un spectacle horrible, un militaire plutôt un harki surnommé Chacal (retenez bien ce surnom) tenait une dame par les cheveux en lui écrasant la tête contre celle de la dépouille gisant au sol, en lui criant : 

« C’est ton fils ? C’est ton fils ? »

 Elle répondit : « Non ce n’est pas mon fils ».

Il lui rétorqua :«  Ce n’est pas ton fils ? ».

Elle dit : «  Si, si c’est mon fils ».

 Cela dura un bon moment car la femme en question était bien la maman du CHAHID MOHAMED TAIL  mais devant la situation et la peur qui la gagna, elle avait complètement  perdu la tête. Puis vint la cruauté et l’horreur dans toute sa splendeur. Quatre hommes prirent chacun un membre du CHAHID , le soulevèrent , le balancèrent et comptèrent  jusqu’à trois pour le jeter dans le camion sans aucun respect pour le mort. Puis embarquèrent  sa maman en la poussant à ses côtés. Par la suite, on apprit que le CHAHID, ayant était touché au ventre dans une embuscade tendue par l’armée française dans la ville de Marengo,  s’était réfugié chez sa tante qui habitait Douar El LEBEN , ( derrière l’hôpital).  En fait, cette dernière  l’avait recueilli chez elle. Ayant succombé à ses blessures, elle n’eut d’autres recours que de l’enterrer en dessous du lit de peur des représailles et des tortures. Elle voulait le protéger même après sa mort.  Comme elle était seule, elle n’a pas pu creuser bien profond. Après trois jours, l’odeur du mort commençait à se répandre dans la demeure. Elle prit donc la douloureuse décision d’en parler à une voisine qui lui suggéra de le signaler aux autorités.

 

Le gamin de cinq ans est votre narrateur ( webmaster de votre site) et  l’oncle est monsieur  Ezzedami Zoubir.

 

Alors à tous, je pose ces questions :

1 Comment voulez-vous qu’un enfant oublie une telle chose ?

2 Cette enfant a été privé de son père alors qu’il n’avait qu’un an et demi ?

3 Qui peut douter un seul instant de l’amour qu’il porte à sa ville et à son pays ?

4 Voici l’une des raisons qui fait que ce site s’appelle ( MARENGOMONAMOUR).

5 Voici aussi pourquoi son cœur saigne et c’est le cas de beaucoup de Hadjoutmarengoins , quand il voit sa ville natale subir les négligences de l’un et de l’autre.

6 A tous je dirais  que Hadjout bled el ghourbanes, bled el ridjal, matou aaliha choubanes wa kbars, des familles entières tombées pour elle,  telles les HOCINE du père au petit Sid-Ali et bien d’autres encore et tous les disparus.

 

 ALLAH YARHAME EL CHOUHADAS

 

Une chose dont je suis certain c’est qu’ALLAH AZAWADJAL  punira ceux qui salissent la mémoire des Chouhadas.

Amine ya rab el aalamine.

 

E.Kouider 

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